Bienvenue sur notre site. Pour faciliter votre lecture, nous avons regroupé ici les commentaires assortis de nos  réponses éventuelles.  Vous pouvez laisser vos commentaires en allant en bas de page. Les textes originaux sont accessibles par le menu de droite. Les articles de presse aussi. 

Michelle Roverelli

 » Si l’initiative No Billag était acceptée par le peuple suisse il n’y aurait plus de service public en Suisse et la SSR cesserait d’exister. De même dans cette situation, la SSR cesserait d’être un membre de l’UER. La mission de l’UER est de défendre les médias de service public. C’est une issue critique pour la Suisse qui, si le « oui » passe, aura de sérieuses répercussions pour tous les médias de service public en Europe. Ce « oui » signifierait que le public suisse perdrait le contact avec le vaste réseau de diffuseurs et programmeurs européens qui enrichit toutes les nations »

Michelle Roverelli, porte-parole de l’UER en réponse à une sollcitation de Jean-Jacques Lagrange.

Le 3 février 2018

Yves Bigot

Oserais-je dire que vous êtes complètement dingues si vous prenez cette décision ? A l’heure des fake news, le Canada fait l’inverse et augmente de 620 millions de dollars sa subvention à l’audiovisuel public. Je ne comprends pas comment un pays peut imaginer qu’il va rester indépendant en dépendant des chaînes et informations allemandes, françaises, chinoises ou américaines, et renoncer à son miroir sociétal. La radio et la télévision publiques sont le lien social le plus fort dans un pays.

Extrait de l’interview de Yves Bigot, directeur de TV5Monde parue dans le « Temps » du 30 janvier

Bernard Crettaz

Des racines et des réseaux

Tout a été dit sur les effets totalement négatifs de l’initiative « No Billag ». Après avoir consacré ma vie à la sauvegarde et à la transmission du patrimoine, je voudrais souligner les conséquences catastrophiques de « No Billag » à ce sujet. Au moment où l’on parle de plus en plus du patrimoine immatériel, la Radio Télévisons Suisse constitue l’un des patrimoines les plus importants de notre pays. Il existe ici un trésor d’archives inépuisables pour des générations futures de scientifiques, de réalisateurs, d’artistes et de publics multiples. Au moment où les réseaux dus aux nouvelles technologies prennent une place grandissante, il importe que les racines de la mémoire patrimoniale trouvent leur place au sein d’une nouvelle mémoire collective. Notre pays doit aller vers infiniment plus de transparence dans le passé comme dans le présent et le futur. Je lance un cri aux nouvelles générations : « Emmenez-nous dans les temps nouveaux en prenant vos sources dans les racines que nous vous transmettons. »

Bernard Crettaz, Fribourg, ancien conservateur du Musée d’ethnographie de la ville de Genève

Le 3 janvier 2018

Julien Bergoz

No Billag? Je n’avais pas d’opinion. Mais j’ai reçu par la poste mon matériel de vote. Et alors, tout est devenu plus simple, limpide: TOUS les partis invitent à rejeter No Billag. Ça devient assez clair; ceux qui pérorent à nos frais ne veulent pas être privés de micro. Ma conviction n’a pas tardé: La TdG publie les recommandations des catholiques, des protestants et aussi des musulmans pour faire oecuménique. Tout ce beau monde est paniqué à l’idée de perdre son droit à nous enseigner le bien-penser. Je voterai OUI à No Billag.

Le 2 février 2018

Laurent Busslinger, commentaire sur le texte de Philippe Mottaz

Il est amusant de voir des personnes ayant eu de très hautes responsabilités au sein de la RTS se mettre à avoir de bonnes idées… au moment où elles n’ont plus aucun levier de pouvoir pour les faire appliquer ou les transmettre.
Comment, Messieurs, avez-vous formé vos successeurs? Notamment quant à leur intérêt pour la région voisine, cette Suisse alémanique qui semble à peu aussi proche de la Tour d’ivoire de Genève qu’une île javanaise.
Petit exemple très symptomatique. Le 7 décembre dernier la pizza napolitaine et le Carnaval de Bâle sont entrés ensemble dans le patrimoine mondial de l’Unesco. On a pu, au téléjournal romand, voir un long reportage sur la pizza alors que le Carnaval de Bâle n’était tout simplement… pas mentionné. Cherchez l’erreur et la cohésion nationale.

Je ne souhaite pas voir disparaître la SSR étant à peu près certain que l’atomisation de l’offre qui en résulterait coûterait finalement plus cher au téléspectateur sélectif (sport et information essentiellement) que je suis. Mais j’ai en même temps énormément de peine à croire à une « remise en question » du mammouth, qu’on retrouvera aussi suffisant et satisfait qu’aujourd’hui s’il sauve sa manne.

Si le débat actuel est aussi tendu et brûlant, c’est à mon sens que deux erreurs fondamentales ont été commises au moment de généraliser la redevance en la transformant en une taxe par tête de ménage. La première consiste à l’avoir imposée aux entreprises… et en plus en proportion de leur chiffre d’affaire. Connaissez-vous, Messieurs UN chef d’entreprise estimant qu’il paie ses cadres et employés pour regarder Federer au travail? Bonne chance ensuite pour leur demander de sponsoriser des émissions.

La deuxième erreur c’est d’avoir généralisé la redevance en complet décalage avec les jeunes générations. Messieurs les anciens parlez avec vos enfants (peut-être petits-enfants). Lorsqu’on s’installe à 22, 23, 25 ans… dans une colloc dont on assume difficilement sa part de loyer avec un « salaire » de stagiaire sous-payé il n’y a de télévision (ou de poste de radio) dans aucune pièce et personne n’y regarde ou écoute la SSR. Imaginez l’aisance avec laquelle celui qui a signé le bail se tourne vers ses petits camarades en disant: « Il faut que chacun me file 100 balles pour payer la TV ». Il aurait au moins fallu (comme le font les journaux pour leur « print » et leur « web ») prévoir deux abonnements aux tarifs nettement différents. Avec ou sans swisscombox, cabletruc, etc.

A ce stade, à moins d’engagements CONCRETS, signés, assumés des actuels responsables de la RTS sur des points comme ceux que je mentionne – et j’y ajoute volontiers ceux que vous soulevez vous-même notamment sur le bilinguisme et une réelle répartition des sensibilités et des opinions dans l’encadrement de l’information – je suis franchement porté à voter blanc.

Mais je ne demande qu’à être convaincu…

Que le directoire de la RTS (et non ses ex-membres) fasse ENVIE avec la radio-télévision qu’il se propose de faire à l’avenir (au lieu de hurler que le monde s’effondrera s’il ne peut poursuivre celle qui est insatisfaisante aujourd’hui) et je réviserai mon opinion.

Le 18 janvier 2018

Réponse de Philippe Mottaz

Cher Monsieur, merci d’avoir pris le temps de commenter mon texte et de contribuer ainsi au débat. Vous ne trouverez pas chez moi de désaccord profond avec vos lignes. Sans vouloir personnaliser l’affaire, mes recommandations ne sont en fait guère différentes de celles qui avaient animé mon action à la tête de l’information de la TSR. Globalement, vos arguments sur la faiblesse de la politique des médias en Suisse du CF depuis pas mal d’année maintenant et les aspects économiques sont légitimes. Mon collègue Raymond Vouillamoz y consacre une partie de son texte, ainsi que plusieurs autres commentateurs.  Face à votre tentation à voter blanc, je me dois en revanche de réagir sur votre scepticisme quand à la volonté de la SSR de se réformer si « No Billag » devait l’emporter. J’ai l’intime conviction que la direction SSR/RTS n’est pas sourde à la fureur de cette campagne d’une part, et que de l’autre si elle ne devait pas le faire spontanément, le choix de ne rien faire ne lui sera pas laissé. Je peux comprendre les contraintes qui empêchent ses responsables de ne pas pouvoir s’exprimer dans ce sens. Mais je regrette néanmoins, comme vous, que ces assurances ne soient pas déjà exprimées aujourd’hui,  nous condamnant tous un peu au pari.

Carine Stein

Et si c’était la tolérance de la Suisse au streaming/téléchargement qui allait pousser certaines personnes à voter oui à « No Billag » …

J’ai l’impression que que la Suisse, avec sa tolérance au streaming/téléchargement, a habitué certaines personnes à ne pas payer pour ce qu’ils consomment, leur a donné une alternative gratuite aux programmes de la SSR, qu’ils ne regardent donc pas et pour lesquels ils n’ont évidement pas envie de payer.

L’avenir de la SSR, la défense de l’audiovisuel suisse passent probablement par un changement législatif.

 

Interview de Philippe Mottaz dans  Mise au Point de la RTS

 

Notre tribune dans Le Monde

 

Gérard Winterhalter

Pour ma part, voter non à No Billag sert fondamentalement à maintenir dans la constitution l’alinéa 2 de l’article 93. Celui-ci définit les exigences – libre formation de l’opinion, prise en compte des particularités du pays, présentation fidèle des événements et de la diversité des opinions – auxquelles doit répondre le service public. Un abandon qui aurait des conséquences désastreuses sur le fonctionnement de la vie démocratique (voir https://www.domainepublic.ch/articles/32614). Le prix pour le maintien de cet alinéa est aujourd’hui celui de la redevance, qu’il s’agit d’accepter dans un premier temps malgré sa dimension antisociale. L’acceptation de no billag serait en effet un pas décisif vers le démantèlement progressif d’une partie substantielle des solidarités organisées à travers l’Etat. Il restera les « subventions des investisseurs privés », mais ce sont eux qui décideront qui y aura droit en fonction de ce qui sera rentable, soit sur le plan économique, soit sur le plan idéologique, soit sur le plan de l’image, dont on connaît la place qu’elle a acquise pour se forger une opinion. Sans la contrainte de devoir garantir l’expression de la diversité des opinions, il est certain que plusieurs investisseurs suisses ou étrangers seront très intéressés à demander l’octroi d’une concession à la Confédération, quoi qu’il advienne de la SSR.

Concernant la redevance, il s’agit que les politiciens s’engagent vraiment dès aujourd’hui à la rendre moins antisociale, car c’est bien cela qui risque de peser au bout du compte. Je souscris ainsi aux propositions de Jacques Pilet dans une lettre ouverte à Doris Leuthard publiées dans le media électronique « Bon pour la tête » le 9 janvier 2018 Le 14 janvier 2018

 

Merci à Hassan Karimzadeh et à nos amis de « Cartooning For Peace » pour ce dessin!

 

 Jean-Jacques Lagrange

Non à la privatisation de notre droit à l’information!

Lors du lancement de la campagne de l’initiative contre la redevance radio-tv, le comité No Billag a répété la bouche en cœur sa litanie : « Nous n’avons rien contre la SSR, nous voulons seulement supprimer la redevance et rendre sa liberté de choix aux citoyens pour qu’ils ne paient que ce qu’ils consomment ». Il a ajouté à ce slogan mensonger la supercherie d’une affiche qui dit : « Service public sans arnaque Billag ! – OUI SSR : No Billag OUI »

Vous avez dit mensonge et supercherie ? Ces slogans sont l’arbre qui cache les exigences mortifères de cette initiative ! Lisez attentivement et relisez ce texte extrémiste. Il ne veut pas seulement supprimer la redevance et interdire à la Confédération de subventionner des chaînes radio-tv, No Billag supprime aussi de l’article 93 de notre Constitution les alinéas qui fixent les règles obligatoires pour la radio et la télévision et qui sont la charte de tout service public radio-tv, soit :

–   contribuer à la formation et au développement culturel, à la libre formation de

l’opinion et au divertissement

–   prendre en considération les particularités du pays et les besoins des cantons

–   présenter les évènements de manière fidèle

–   refléter équitablement la diversité des opinions

–   prendre en considération la situation et le rôle des autres médias presse

–   soumettre les plaintes des auditeurs/spectateurs à une autorité indépendante

Le texte impose en plus l’obligation de mettre en place, au 1er janvier 2019, une vente aux enchères purement commerciale des concessions radio-tv.

La suppression de ces alinéas régulateurs assassine le service public, privé de 75% de son budget, détruit le mécanisme de la solidarité et de la cohésion confédérale, livre complètement l’audiovisuel aux lois du marché et de la publicité avec d’immenses conséquences sur la culture, sur la pluralité de l’information, sur son indépendance face aux groupes d’intérêts et sur la diversité de l’offre dans toutes les régions du pays, diversité déjà mise à mal par la crise de la presse. La Suisse deviendrait le seul pays d’Europe sans radio-tv de service public.

En quelque sorte, nous ne votons pas sur un texte mais sur la privatisation de notre droit à l’information et à la culture.

Le comité No Billag ne craint pas les contradictions. D’un côté, il dénonce le « mastodonte SSR, inefficace et mal géré ». D’un autre côté il dit « OUI SSR » et présente un plan B fantaisiste qui affirme que la SSR et les radio-tv publiques peuvent très bien s’en sortir sans redevance grâce à la publicité et aux abonnements volontaires. Un plan B bricolé qui ne tient pas compte de la réalité médiatique et qui affirme que la SSR peut récolter 300 millions de la publicité alors qu’elle en a déjà perdu 100 détournés par les fenêtres suisses des chaînes françaises, allemandes et italiennes.

Même le pionnier de la TV privée en Suisse, Roger Schawinski, dénonce les dangers de No Billag :  » Les acteurs étrangers, surtout allemands, seraient les plus grands bénéficiaires d’une chute de la SSR. A moins que ce ne soit une personnalité déterminée à bâtir un empire médiatique, comme Christoph Blocher. Avec la chute de la SSR, le tribun UDC pourrait atteindre, avec la radio et la télévision, ce qu’il n’a que partiellement réussi à faire dans la presse. A part lui, je ne vois personne d’autre, en Suisse, à même de prendre le risque ».

Dans un monde où les fake news pourrissent les réseaux sociaux et face au tsunami de la révolution numérique, aux algorithmes et à l’emprise des géants américains GAFTA qui siphonnent déjà 50% de la publicité sur le net et menacent notre liberté d’information, il importe de maintenir en Suisse une radio-tv de service public en votant NON à No Billag.

Le 11 janvier 2018

 

Bernard Nicolet

Que penser de Billag, quand un citoyen, n’a pas de télévision, ni de radio, par contre possède une automobile, équipée d’origine d’un auto-radio, et doit donc payer sa redevance de CHF 451.- ? Est-ce normal ? C’est vrai que ce genre de personne est assez rare, mais existe ..!
Cette initiative est assez perverse, car tout le monde l’a peut-être compris, mais PAS de redevance, PAS de télévision suisse.

Le 3 janvier 2018

De Raymond Vouillamoz, en réponse à Bernard Nicolet

1. Dès 2019, la redevance diminue et passera à 365.- par année.
2. Depuis la votation de 2015 la redevance est due par tout ménage, et pas seulement ceux qui possèdent une TV ou une radio. C’est une adaptation logique aux changements technologiques puisque dorénavant les programmes de radio et de télévision sont souvent vus et entendus par internet (tablettes, ordinateurs, smartphones)

Raymond Vouillamoz

A L’ATTENTION DE MICHEL VONLANTHEN (commentaire plus bas ) ET L’ENSEMBLE DES OUI A NO BILLAG

Je découvre sur les réseaux dit sociaux et plus particulièrement sur Facebook la violence des propos des pro-No Billag qui salivent en rêvant de la disparition des médias de service public en Suisse. Pour eux tout défenseur des radios et des télévisions de la SSR est un privilégié, un planqué, un nanti, un profiteur, qui ne connaît pas les difficultés de la vie réelle.

Comme me l’écrit effarée une amie universitaire: « Je tombe des nues. Les gens ont une sacrée haine pour les journalistes, les artistes et les gens de la tv et de la radio ». Les gens de radio et de télévision sont il est vrai en majorité des vernis. Ils ont un travail intéressant et stable. Les plus privilégiés voyagent et s’instruisent en étant payés. C’est le côté ensoleillé de leurs métiers qui ont aussi des côtés sombres, des passages à vide, des petits chefs parfois stupides et autres joyeusetés de tout travail salarié, des licenciements aussi. Et puis il y a d’autres professions intellectuelles et manuelles mieux rémunératrices et plus passionnantes.

Derrière la jalousie des internautes se cache une inquiétude bien réelle, celle d’un monde instable pour les salariés. Avoir un diplôme ou un certificat de fin d’apprentissage ne suffit plus pour garantir un emploi à vie comme au siècle précédent. Des politiciens visionnaires proposent un revenu pour tous pour compenser les incertitudes du monde du travail d’aujourd’hui pour les pères et mères de famille angoissés par leur avenir et par celui de leurs enfants. Cette idée d’un revenu universel va faire son chemin, sinon les laissés pour compte finiront par crever sous les ponts de nos fleuves.

Pour l’heure, les adversaires de la redevance radio-tv surfe sur son coût élevé pour les jeunes et les petits revenus. Cette redevance coûtera, dès 2019, 1.- par jour par ménage, mais le Conseil fédéral s’obstine à vouloir l’encaisser en un seul versement alors qu’un versement de 30.- par mois ou 90.- par trimestre simplifierait la vie de beaucoup de ménages modestes. Il y a probablement d’autres moyens de récolter la redevance, mais la recherche de solutions alternatives n’intéressent pas les initiants de No Billag, car ils sont, pour simplifier, des rejetons de Trump, c’est à dire qu’ils veulent limiter autant que faire ce peut le rôle de l’Etat. A bas les fonctionnaires. A bas les assistés. A bas les services sociaux. Vive la libre entreprise. Que les meilleurs gagnent et merde pour les paumés. Ce mode de pensée abuse ceux qui en souffriront le plus: les chômeurs, les vieux, les faibles, les malades, les travailleurs aux trop petits salaires. Seul un Etat de droit solide peut compenser l’appétit des riches toujours plus avides au détriment des pauvres toujours plus pauvres. No Billag n’est que le début de la volonté des initiants de détruire l’Etat de droit soit disant pour rendre le citoyen plus responsable, en réalité pour créer une société où les faibles ne pourront plus compter sur l’Etat pour les protéger. Quand la droite libertarienne (libre entreprise sans régulation de l’Etat) aura la majorité absolue au Conseil national et au Conseil fédéral, les petits marquis qui insultent leurs opposants sur Facebook auront raison de ricaner sur la naïveté de ceux qui auront contribué par leur oui à No Billag à détruire le fragile puzzle de la démocratie.

« Rien à foutre de la radio et de la télévision suisse. Les Françaises me suffisent amplement ». Je suis navré de devoir contredire cette affirmation qui fleurit sur les réseaux sociaux. La Suisse est un pays compliqué. Sa réussite économique au XXe siècle a de nombreuses causes. Des honorables et des moins avouables. Absence de guerre, paix du travail, racolages bancaires à l’étranger, compétences professionnelles dues notamment à l’excellence de la filiale de l’apprentissage, beautés et diversité des paysages, et j’en passe, et des meilleures et comme dans toutes les nations, des véreuses, le tout chapeauté par le respect des minorités latines par la majorité alémanique et le respect de la majorité par ces mêmes minorités. Plus cyniquement on peut dire que plus on s’ignore mieux on se supporte.

Cette prospérité suisse était accompagnée par une presse régionale, cantonale et supra-cantonale d’une exceptionnelle vitalité. Aujourd’hui les éditeurs veulent concentrer leur business sur ce qui rapporte le plus sur le net et se débarrasser des journalistes qui ne leur rapportent plus rien. C’est la dure loi du marché. Quand ces appétits ne sont pas freinés par le respect de règles de vie en commun, le populisme blochérien remplace la sociale-démocratie et alors tout peut déraper. Pour atteindre cet objectif trumpien le populisme a intérêt à éliminer l’information libre des contraintes de la rentabilité, d’où No Billag, car sans radios et télévisions de service public et avec une presse affaiblie par les pressions financières, on fait le lit du règne des fakes news. Et ne comptez pas en Suisse romande sur les télévisions françaises pour vous informer de ce qui se passe à notre connaissance dans notre pays. Ce n’est ni leur rôle, ni leur compétence. Regardez les téléjournaux de TF1 ou F2, Envoyé spécial ou Capital et vous en conviendrez avec moi. Et la télévision n’est pas un média moribond. Tout simplement on ne la regarde plus d’une façon linéaire assis après le souper dans un fauteuil du salon. On la regarde quand on veut et sur n’importe quel support numérique, d’où la nécessité pour la SSR de se réformer en profondeur. Elle a commencé par faire converger radio, tv et sites internet. Elle devra continuer sa révolution en se réinventant , en initiant de nouvelles relations avec d’autres médias. Cet ensemble helvétique de journaux, radios, tv, sites internet, aurait alors l’honneur de raconter au jour le jour comment va notre pays et le monde « à notre connaissance » comme le disait chaque soir mon regretté ami Pierre-Pascal Rossi quand il présentait le 19.30 de la TSR.

Raymond Vouillamoz

Le 2 janvier 2018

Jibril Ben Der

LE PROBLÈME DE LA REDEVANCE

La RTS offre des programmes de très grande qualité, elle rend des services inestimables, elle est un bien précieux et nécessaire. La RTS vivifie la démocratie et est partie de l’âme de ce pays. S’en priver est suicidaire.

La redevance est une aberration d’un autre temps.

La taxe est injuste par principe puisque qu’elle est indépendante du revenu. Il y a un deuxième problème : normalement la taxe module l’usage, par exemple la taxe poubelle ou la taxe sur les carburants. Plus tu consommes plus tu payes. Idem la taxe sur les chiens : si tu n’en a pas tu paye rien, ou sur les clopes et les alcools.

A la base la redevance était liée à la possibilité matérielle de recevoir des programmes. Tu avais la radio, donc tu écoutais Michel Deneriaz sur Sottens. Tu avais la télé alors forcément tu suivais le débat entre Guy Fontannet et Guy Genoud le dimanche à table ouverte avant de regarder Roland Collombin se battre avec Franz Klammer. Tu regardais À vos lettres et le tirage de la loterie romande. Forcément. Y avait rien d’autre. Depuis le câble, tout a changé. Tu peux avoir une télé et regarder TF1. C’est pas très futé, mais ça se peut.

Internet a démultiplié les moyens de capter les programmes : smartphone ou ordinateur; à tel point que le Conseil national a décidé de soumettre tous le monde à une taxe, propriétaire ou non d’un téléviseur.

C’est un changement de paradigme qui peut être contesté. La redevance n’est plus une taxe mais un impôt particulièrement antisocial. C’est une somme énorme pour les petites bourses qui payent déjà le triple pour internet et la téléphonie mobile.
Le Conseil national n’en a pas pris la mesure. Les députés ont aucune idée des réalités économique des centaines de milliers de familles pauvres de notre pays, ils s’en moquent.

Il faut avancer de nouvelles idées pour le financement du service.

0u trouver l’argent ?
Ici.

Une moitié est prélevé par l’impôt fédéral direct, c’est un impôt social (les riches payent plus et les pauvres rien du tout)
Un quart est prélevé aux distributeurs d’internet en fonction des bandes passantes. (Salt, Swisscom, les cablo-opérateurs sont soumis à une taxe en fonction de leur consommation, libre à eux de reporter ces coûts aux consommateurs.)
Un quart est prélevé sur l’essence parce que toute les voitures sont équipées d’un autoradio. C’est une taxe loyale (celui qui roule moins paye moins).

L’initiative NO-BILLAG rend impossible un financement alternatif. Les initiants veulent la fin du service public dans une logique mortifère. Il faut annoncer aujourd’hui une proposition qui fasse contrefeu. Ceux qui veulent la survie à long terme d’un service public de qualité doivent proposer de nouvelles manières de le financer. La redevance est archaïque et antisociale. Mon projet ne l’est pas.

Le 30 décembre 2017

Guy Dessaux

Malgré les consignes contradictoires et comme nous le conseille vivement Raymond Vouillamoz tentons d’expliquer autour de nous pourquoi les radios et télévisions de service public sont importantes. A quelques semaines de la votation, l’ignorance est très grande et la perspective d’économiser le montant de la redevance séduit.

Peut-on imaginer une Suisse sans images, qui n’entend plus, ne vois plus et qui ne parle plus d’elle même? Un pays aveugle et muet? Incapable de comprendre les enjeux et les conséquences, chez elle, des bouleversements prodigieux qui nous attendent? La presse écrite en sortira un peu renforcée. Assez pour combler l’absence des TV et radios?

Naguère Lufthansa a relevé Swissair du grounding. Le grounding de la SSR s’annonce brutal et définitif. Qui à l’avenir pourra payer des sommes importantes et régulières pour de l’information du partage d’expérience, du conseil, de la culture et de la connaissance ? Toutes ces activités qui sont essentielles à une collectivité, mais qui ne génèrent pas ou peu de revenus?

Personne!

Le texte de l’initiative est excessif, il interdit à la confédération de financer les activités de télévisions et radios, même sous une autre forme. Ni les cantons, ni les communes et encore moins les particuliers ne s’engageront durablement dans ces activités. Pour toutes ces raisons, il n’y aura pas de plan B, et même la TV Blocher qu’on nous annonce comme une « alternative » et une menace depuis quelque temps ne se fera pas.

Le 24 décembre 2017

Dominique Curchod

L’initiative pour la suppression des redevances Billag n’est que le symptôme d’une irritation causée par l’attitude exclusive et arrogante de la SSR. Depuis des décennies, l’entreprise, ses directeurs et ses cadres ont usé et abusé de leurs privilèges.
Le premier pas à faire en direction du souverain serait d’avoir l’humilité de le déclarer et de faire amende honorable: oui, la bombe a été amorcée par son destinataire.

Ces faiblesses n’empêchent pourtant pas la SSR de disposer de ressources professionnelles uniques et de produire des perles qu’aucune télévision commerciale ne saurait financer. Elle remplit son rôle d’information objective et neutre. Elle sait soutenir la création. Elle peut co-financer des films et des productions essentielles à l’existence du cinéma de ce pays. Elle offre à 99% des suisses les plus prestigieux événements sportifs. Elle participe avec TV5 Monde, Dreisat ou Swiss info au rayonnement de la Suisse dans le monde. Elle se partage l’actuelle redevance avec des chaînes régionales complémentaires. Elle dispose des archives video du pays des soixante dernières années, un patrimoine immense, élément de notre histoire.

Malheureusement, elle communique mal sur ces aspects positifs: parce que, la tête dans le guidon, elle n’a pas vu et peut-être ne voit-elle pas encore,  l’image qu’elle donne d’elle-même.
Ce décalage a aujourd’hui des conséquences qui peuvent être dramatiques pour la cohésion confédérale, parce que ces chaînes de TV et de radio, et ces plateformes internet, sont l’un des rares ciments de la nation. Détruire un tel patrimoine humain et culturel représenterait une première mondiale pour le service public et une absurdité économique sans précédent.

Le Plan B est indispensable. Le Plan B c’est reconnaître ses faiblesses, accepter ce violent message comme un avertissement et faire confiance aux citoyens qui veulent soutenir la SSR. Le Plan B c’est expliquer ce qu’on fera après, lorsqu’on aura passé ce cap difficile.

La recette est évidente: le Plan B, c’est un pacte avec les citoyens, avant le 4 mars, pour jouer la carte de l’ouverture, de la simplification, des changements indispensables. Le Plan B sera activé quand l’initiative sera repoussée.

Le 24 décembre 2017

René Schneckenburger

Chers Collègues Dinosaures,

Bravo pour cette initiative, et merci de votre engagement.

Vous me permettrez quelques remarques :

En discutant avec des amis, il apparaît que l’image des anciens ne fait plus recette, et le nom des Dinosaures donne aussi un ton historique et non futuriste. Mais bon, l’idée suisse peut faire son chemin, en associant nos amis de suisse-allemande et de la suisse italienne à votre idée.

Il faut trouver les slogans justes pour attirer l’attention des jeunes et moins jeunes (30-40 ans) car, je suis stupéfait de constater qu’ils ne se sentent pas concernés… et sont persuadés que ça s’arrangera.

L’arrivée de CNS Switzerland, concurrent de taille, ( je reviens de Floride où j’ai pu apprécier leur savoir-faire), peut inquiéter mais aussi motiver le nécessité de garder un media suisse indépendant et de qualité. Il faut le faire savoir  La Radio a diffusé samedi l’interview du CEO en Suisse de CNN, alors à nous de donner aussi notre avis sur les ondes.

Je pense qu’il y a lieu de trouver des arguments simples, sans discours trop long, mais percutant. On peut lancer l’idée de trouver ces slogans parmi les membres de Canal 65 ? Mais il faut faire vite, même si les prises de position de plus en plus nombreuses contre No Billag sont rassurantes, mais vous avez raison de nous secouer !

Bon Noël et happy new year !

Cordialement,  René Schneckenburger

Claude Torracinta

Mon cher Guillaume,

Je viens de relire ton texte sur le journalisme de service public. Excellent. Une
réflexion utile et intelligente.
Nous devons nous mobiliser pour que le Non l’emporte le 4 mars. Mais cette votation
doit être l’occasion de réfléchir au statut de la SSR, à la notion de service public a l’ère
du numérique, des réseaux sociaux et de cette transformation du monde à laquelle
Nous assistons. L’accès à une information de qualité devient de plus en plus
indispensable.

La campagne autour de NoBillag montre aussi la méfiance d’une partie des citoyens à
l’égard de la SSR. Lutter contre cela est indispensable et je suis entièrement d’accord
avec toi pour dire que la SSR doit se soumettre au contrôle d’un organe neutre,
indépendant de l’Etat et que l’usage de la norme ISAS MÉDIA  9001 serait une bonne
piste.

Espérons que tu seras entendu

Amitiés

Claude

 Le 17 décembre

Nicolas Traube

Cher Raymond,

Bravo pour ton initiative et la qualité des réflexions proposées. Amitiés d’un fervent défenseur de la Télévision suisse depuis maintenant près de 40 ans et qui voit sa disparition comme un désastre pour la démocratie: après la position prise par les Etats-unis sur la neutralité du Net et la propagation d’idées de plus en plus simplistes qui ont pour but de flatter les réflexes égoïstes auxquels chacun d’entre nous est confronté, la disparition d’un tel lieu d’éveil à une pensée non binaire aurait des conséquences catastrophiques. Comment conserver ce lieu qui cultive le respect de la tradition et de la connaissance de l’histoire et qui permet à une communauté de cultiver son vivre ensemble tout en offrant à chacun de réaliser qu’il n’y a jamais une seule bonne solution miracle mais plein d’éléments différents et hétérogènes qui permettent d’analyser des situations. Ce n’est qu’après que l’on peut décider. Mais la diversité des points de vue et leur exposition fait peur aux tenants de la démagogie.

Paris, le 17 décembre

Jean-Jacques Lagrange

Cher Raymond,

J’ai tout lu avec grand intérêt et je vous félicite pour cette initiative qui vise le long terme mais que la campagne sur l’initiative démarrant déjà durement vous a obligé à dévoiler plus vite comme elle a contraint Doris Leuthard à avancer sa présentation.

Vous avez fait un très solide travail d’analyse, de réflexion et de propositions dans un imposant document auquel j’adhère totalement, même si certaines sont utopiques, car votre étude est positivement tournée vers un avenir qui ne se satisfait pas de la disparition de la SSR. A mon avis, tenue à son devoir de réserve, la SSR a une position tristement trop figée entre la conservation du présent ou la mort. Vous démontrez que ce sont les « dinosaures » qui se tournent vers l’avenir et la secouent pour susciter des idées nouvelles !

Je pense qu’il ne faut pas rater un virage capital et investir la même énergie que celle que nous, les pionniers qui ont créé la TSR, avons mise à inventer ce service public si nécessaire aux institutions suisses. Tous ces « dinosaures », réalisateurs, journalistes, producteurs, ont pleinement rempli avec passion leur rôle culturel de créateurs et leur fonction sociale et citoyenne d’informateurs libres et indépendants. Ils ont apporté une contribution globale à notre société et à la démocratie par leur professionnalisme et l’ont portée à un niveau qui est reconnu internationalement par une participation active à l’Union Européenne de Radio-Télévision, à l’Eurovision et au sein des réseaux francophones et germanophones de TV5Monde, 3Sat et Swissinfo.

J’ai toujours dit combien ta gestion de la fiction puis des programmes et la décision de Guillaume Cheneviève de créer le deuxième canal et toi de programmer sur cette nouvelle chaîne progressivement des reprises alternatives et des émissions inédites notamment d’excellents documentaires avaient boosté la TSR au bon moment. Idem pour Marchand qui lui a fait prendre en 2000 le virage essentiel de l’internet avant tous les médias presse et lui a ensuite imposé une convergence radio-tv malgré certaines oppositions internes et le réveil de la vieille rivalité entre Genève et Lausanne . Votre document contribue à une nécessaire refonte du programme pour réinventer un média du 21e siècle au moment où la tempête médiatique se déchaîne.

Vous allez certainement traduire vos textes en allemand, respectivement en français. Mais ensuite, comment se positionner par rapport à tous ces sites qui se créent pour contrer No Billag ? Il y a celui de la SIG (Société des Interprètes), celui nouveau du PS, celui de Médias pour Tous qui maintenant a rejoint le grand site « Non à No Billag » qui regroupe la SSA, le SSM, la RTSR, les cadres RTSR et une Association contre la disparition des radio-tv. Il ne faut pas que votre étude se perde dans les remous de la campagne.

Je suis consterné par la méconnaissance du public envers les vrais enjeux de la votation et par la violence et la vulgarité qui se cachent derrière l’anonymat des réseaux sociaux. Il y a un énorme travail d’information à faire pour répondre à tous les mensonges, fake news et autres chiffres erronés. Par exemple rappeler que le texte de l’initiative supprime trois alinéas de la Constitution qui sont les fondements du service public:

Article 93, alinéa 2: La radio et la télévision contribuent à la formation et au développement culturel, à la libre formation de l’opinion et au divertissement. Elles prennent en considération les particularités du pays et les besoins des cantons. Elles présentent les événements de manière fidèle et reflètent équitablement la diversité des opinions.

Article 93, alinéa 4: La situation et le rôle des autres médias, en particulier de la presse, doivent être pris en considération.

Article 93, alinéa 5: Les plaintes relatives aux programmes peuvent être soumises à une autorité indépendante.

La suppression de ces trois alinéas est une vraie attaque contre la qualité des émissions et contre le mécanisme de solidarité confédérale aggravée par un nouvel alinéa qui met en place une vente aux enchères purement commerciale des concessions radio-tv ».

Au soir de ma vie, je compte m’engager beaucoup dans ce dernier combat pour défendre le média public que j’ai contribué à créer. Mais je me sens encore plus concerné par ce qui viendra après. C’est pourquoi je suis très intéressé par la suite que vous allez donner à « Idée suisse » contre « No Billag ». Merci de m’en informer.

Genève, le 15 décembre

Michel Vonlanthen

Cher Raymond Vouillamoz,

J’ai le sentiment que vous ne réalisez pas que No-Billag ne vise pas à anihiler la SSR mais tout simplement à répondre à 3 erreurs stratégiques que cette dernière a faites.

Primo forcer tous les contribuables suisses à payer la redevance avant de définir le contenu du service public radio-TV, en fait ce qu’on ferait avec cet argent. C’est une méthode de vendeurs de voitures indigne d’une entreprise publique!

Secundo de faire payer la même taxe à tous. D’accord avec une redevance radio-TV, tout se paye, mais pas d’accord qu’une obligation fédérale ne soit pas perçue sous forme d’impôt. En le faisant, l’égalité de tous face à l’impôt serait rétablie et chacun participerait au financement du service public radio-TV en fonction de sa capacité contributive (ce que dit la Loi). Ce ne serait que justice!

Et puis, maintenant, espionner les clients de Swisscom-TV afin d’alimenter un big data est également inadmissible. Ce n’est pas ce que les citoyens attendent de leur gouvernement. Et tout ceci parce que la SSR est devenue une obsédée du chiffre, soumise aux lois de l’Audimat. Si la RTS se contentait d’être ce qu’elle devrait être, son financement public lui suffirait amplement. Elle n’aurait nul besoin d’obtenir de nouvelles parts de marché…

En fin de compte, hormis une publicité envahissante, je crois que personne ne critique la RTS et n’aimerait qu’elle disparaisse. Ce sont ses dérives qu’il s’agit de corriger car là elle a dépassé les bornes. No-Billag répond donc à cette affirmation: « Pourvoir regarder gratuitement des programmes TV financés par de la pub, d’accord, c’en est la contrepartie logique. Mais en plus payer une redevance pour ça, non! ». Voilà où ont mené les « manigances » de la SSR !

Vous pouvez suivre un débat d’idées sur ce sujet sur: http://www.lessujetsquifachent.ch

Genève, le 16 décembre

Réponse de Raymond Vouillamoz

Cher Monsieur,
Je crois que nos 4 articles démontrent que nous aussi nous attendons des réformes de la part de la SSR. Ces réformes ont déjà commencé, comme par exemple la convergence entre la radio et la tv. Mais l’initiative est trop vicieuse pour nouer avec leurs auteurs un dialogue sérieux, car ils ne veulent pas une SSR réformée, mais la disparition du service public. C’est une attaque directe contre la démocratie suisse. Je ne peux donc pas vous suivre lorsque vous semblez laisser entendre que vous voterez oui, car vous jetez le bébé avec l’eau du bain.

Michel Vonlanthen

Cher Philippe Mottaz,

Je suis parfaitement d’accord avec vous lorsque vous écrivez « obsédée du chiffre » en parlant de la SSR. Et plus généralement d’accord avec la totalité de votre texte.

Pour ma part, je tente d’attirer l’intention de mes concitoyens sur les dangers que fait courir le mélange public-privé à la démocratie. La concentration du pouvoir est une nuisance qui a de tous temps mené le monde à la catastrophe.

Pour en revenir à la redevance, objet de No-Billag, il est clair que son but est simplement de la supprimer afin de ne plus rien payer à cet égard. C’est l’effet « internet », où tout est gratuit (qu’ils croyent), des jeunes. D’autres gens sont préoccupés par les dérives du service public dans son ensemble. De mon point de vue, si on n’y prend garde, la paix sociale en Suisse va voler en éclat si on ne corrige pas, déjà, les injustices les plus criantes des lois qui ont été introduites avec des contenus injustes.

Je vous rejoint donc à 100% sur l’aspect « fini la pub » que vous présentez.

J’y ajouterai la correction des deux injustices contenues dans le mode de perception de la redevance: le fait qu’elle soit obligatoire pour tous, qu’on en fasse usage ou pas, et le fait qu’elle soit perçue sous forme de taxe fixe, qui est beaucoup plus « douloureuse » pour les ménages à petits revenus que pour les riches. Je préconise de percevoir cette redevance sous forme d’impôt, donc proportionnelle aux revenus. Ainsi, l’égalité entre tous les contribuables face à ce prélèvement obligatoire sera rétablie.

Vous pouvez lire mon argumentation sur: http://www.lessujetsquifachent.ch

Pour le moment, ma position est de voter OUI à No-Billag car c’est le seul moyen d’obliger ceux qui ne le veulent pas, à mettre à plat le service public et d’en redéfinir le contenu. La SSR a fait deux énormes erreurs stratégiques: d’abord verrouiller le financement avant de parler du contenu, et ensuite de faire espionner les clients de Swisscom-TV afin d’utiliser et de vendre leurs habitudes télévisuelles. De la part d’un service public c’est inadmissible!

Il y a encore une troisième erreur stratégique mais celle-ci n’est pas encore publique et c’est Swisscom qui s’apprête à la faire.

Réponse de Philippe Mottaz

Cher Monsieur,

Merci de votre long commentaire et du partage de votre réflexion. Je laisse mon texte parler de lui-même. Vous comprendrez dès lors que, bien que nous semblons pouvoir nous accorder sur une certaine conception du service public , je ne puisse précisément pas vous suivre dans votre recommendation de voter pour « No Billag ». Si ma critique de la SSR est, à certains égards, sévère, en aucun cas cela ne saurait justifier sa disparition, ce qui serait la conséquence du passage de l’initiative. Sans en avoir parlé avec eux, j’ai pour ma part l’intime conviction que les membres de la haute direction de la RTS et de la SSR sont désireux et disposés à engager la réflexion à laquelle ils sont désormais largement conviés. Je leur fait confiance, à eux, mais aussi à l’ensemble des collaborateurs qui ne sont ni sourds ni aveugles. Mon propos principal, vous l’avez lu, n’était pas véritablement la SSR mais plus largement la qualité de la conversation que nous devons engager pour résoudre nos défis collectifs. Vous écrivez « pour le moment ma position est de voter OUI à No-Billag ». J’aimerais modestement savoir que ma réponse, ainsi que d’autres voix, vous feront changer d’avis.

Marco Solari

Caro Raymond, ottima idea e iniziativa! Hai il mio pieno appogio!

12.12.17

Tiziana Mona

La mia forse un po’ semplicistica proposta è di chiamarla da subito e di nuovo SSR idée suisse

12.12.17