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Contre la marchandisation de la SSR

 L’initiative « No Billag » ne vient pas de nulle part. Autrefois les éditeurs de journaux, aidaient la SSR à accroître ses revenus par la publicité télévisuelle ; aujourd’hui, ne tirant plus de la publicité leur propre financement de base, ils sont concurrencés par Admeira, joint venture SSR-Ringier-Swisscom, qui vise une publicité ciblée TV et Internet.

Il faut rejeter l’initiative « No Billag » pour que la SSR renonce à la marchandisation de ses programmes, remette au premier plan le service public et l’idée suisse, et fournisse à la démocratie directe le journalisme de qualité qui en est la condition.

Télévision et radio, une histoire de meubles

La télévision est en premier lieu une histoire de meubles. La technique qui a permis la transmission de signes, de paroles, de musique et d’images par ondes électromagnétiques, conçue à l’origine par le physicien Heinrich Hertz, ne pouvait pas devenir un meuble. Il a fallu les tubes cathodiques conçus par Karl Ferdinand Braun (les tubes de Braun) et l’amplificateur à large bande inventé par un certain Manfred von Ardenne, alors simple écolier âgé de 15 ans, pour que des récepteurs de télévision et de radar deviennent possibles. Cela date de 1925.

En 1950, mon père et moi avons assisté à l’une des premières retransmissions publiques de la télévision expérimentale du studio Bellerive, dans le quartier Seefeld à Zürich. Un soir de printemps, nous sommes entrés dans la salle du restaurant Rebstock à Zürich-Höngg. Comme nous étions un peu en retard, nous n’avons trouvé de chaises que tout au fond. Les nombreux spectateurs avaient les yeux rivés sur un écran suspendu à une structure en métal léger, installée au milieu d’une table, le tout constituant un récepteur expérimental de la taille d’une demi caisse de bananes. Devant cette construction sacrée, entourée de croyants recueillis, sans doute déjà convaincus de l‘avenir de la Schweizer Fernsehen, j’ai assisté à l’accouchement de quelque chose de mystérieux qu’on appelait « télévision ». Sur l’autel, l’écran convexe tremblotait la plupart du temps ; il devenait tantôt presque blanc, tantôt noir comme la nuit. Un technicien, pas trop sûr de lui, bricolait l’arrière de l’appareil ou lui donnait de petites tapes d’encouragement. Alors on pouvait tout à coup reconnaître des silhouettes et distinguer un match de football. Sans son et sans publicité. Les spectateurs, en majorité des retraités, suivaient péniblement le match Grasshoppers-Aarau, qui se déroulait en silence, muet, sans commentaire. GC semblait beaucoup plus fort que son adversaire et mon père ne s’intéressait pas au football. Il occupait ses loisirs à jouer au jass et à chanter. Son club favori n’était pas GC, mais le chœur d’hommes de Zürich. Nous avons quitté l’auberge avant la fin de la retransmission. Sur le chemin du retour, mon père s’est exclamé : « Un appareil de ce type n’a pas sa place dans ma maison ».

Pourtant, quinze ans plus tard, par un beau matin, une caisse en bois qui ressemblait à une belle petite armoire de bar a fait son apparition sur une table de notre séjour. Derrière sa porte coulissante se trouvait un poste de télévision moderne de la marque ouest-allemande Gründig. Mon père l’avait reçu de son employeur comme cadeau de retraite, livré gratis et franco de port à la maison, avec la mention « Pour une fin de vie passionnante et divertissante ». « A cheval donné on ne regarde pas les dents », s’est-il probablement dit, mais, au début, la porte coulissante demeurait fermée, sauf un quart d’heure par jour pour le Téléjournal. La télévision était donc surtout un meuble. Avec le temps toutefois, le retraité prenant de l’âge, l’écran est devenu plus souvent visible, même éteint. Mais les jours de fête, ou quand nous avions de la visite, ma mère cachait le poste de télévision, porte fermée, dans un coin.

Les confortables meubles de notre séjour étaient de style Landi, comme on disait alors. Mais ils ne venaient pas des magasins Landi. Ils avaient été achetés chez le marchand de meubles Hotz, sur le Bleicherweg, qui prônait le style rendu célèbre par l’Expo nationale de 1939 et considéré comme représentatif du pays natal. Le sentiment patriotique régnait ainsi dans notre séjour. Parmi nos meubles, longtemps avant l’arrivée du poste de télévision, se trouvait près du sofa un coffre à musique qui comportait une radio et un tourne disques. C’était un beau meuble en bois, aussi grand que deux caisses de bananes côte à côte. Mon père l’avait acheté à l’un de ses amis du choeur, qui l’avait peut-être acquis au prix de gros, parce qu’il était propriétaire d’un commerce d’électroménager. A l’arrière du meuble on pouvait lire la marque : Radio Violetta, Made in GDR. Le meuble venait donc d‘Allemagne de l’Est, de la RDA, du socialisme réel. S’il l’avait su, mon père n’aurait pas mis vingt francs pour l’acheter. Mais pour nous, les enfants, il contenait des choses beaucoup plus passionnantes que le Téléjournal qui allait arriver plus tard et que nous n’aurions le droit de regarder qu’exceptionnellement. La radio et le tourne disques étaient reliés à un gros haut-parleur caché par une paroi de tissu ornée d’un cadre de bois, au-dessus duquel se trouvait un grand cadran avec la panoplie des émetteurs. Il était lumineux et un bouton faisait glisser une fine aiguille rouge sur les stations du monde entier. D’Alexandrie II à Frederikstad, Monte Ceneri, Hilversum II, Tunis, Sottens, Prague, Beromünster, Budapest et – comble de mystère – Ljublijana, pour ne citer que quelques-unes des 70 stations à disposition. La qualité de réception des émetteurs en ondes moyennes était indiquée par un œil vert – plus il était vert, plus le son était riche derrière la paroi de tissu. Quand, le soir, le programme de Beromünster annonçait une pièce radiophonique à l’intrigue captivante, on fermait les fenêtres, on éteignait les lumières et on s’asseyait sur le plancher devant la radio. On ne voyait que l’œil vert et les noms des stations du monde entier. A moitié morts de curiosité, on attendait de savoir comment l’histoire allait finir. La radio nous nourrissait d’histoires merveilleuses. Rien que la langue, la voix des acteurs, celle du speaker et même les nouvelles ; tout cela excitait notre imagination. Quand nous nous demandions où se trouvait le bien, qui étaient les méchants, comment la chance allait tourner, pourquoi la peur nous prenait, alors naissait quelque chose dont on ne parle plus guère aujourd’hui : la fantaisie – c’était la SSR qui en fournissait la matière première.

La Société suisse de radio et télévision incarnait pour nous les programmes que nous pouvions écouter ou voir à partir de nos meubles. Sa nécessité était d’autant plus évidente que notre petite famille s’intéressait principalement aux nouvelles, aux informations, aux pièces radiophoniques et aux films, aux concerts à la demande, aux émissions pour enfants et aux retransmissions sportives. Les nouvelles de la Suisse et du reste du monde étaient fournies par l’ATS, l’Agence télégraphique suisse, qui s’occupait aussi de la formation des journalistes. La responsabilité technique de la transmission des programmes de la radio et de la télévision était assumée par l’entreprise nationale des PTT (Postes, Téléphones, Télégraphes). L’un dans l’autre, c’était le monde idéal du service public médiatique ; plus encore, c’était une patrie.

 Les spots publicitaires programment la télévision

Interdire la publicité à la SSR. L’idée vient d’Hanspeter Lebrument, quand il était président de l’association Médias suisses, mais je la partage quand même. Pourquoi ? Parce que le médecin m’a recommandé plus de marche, plus de légumes, et moins de télévision. Les interruptions publicitaires des programmes du soir de la SSR sont pour moi une source inépuisable d’irritation diffuse, qui se traduit par une hausse de ma tension artérielle : environ 170 vers 19h.25. Sur le petit écran les minutes précédant le Tagesschau sont vouées à la bourse, au sponsoring et à la publicité : Swisscom, Alpiq, Raiffeisen, Helvetia, Swissquote, Swisslos ; les dernières secondes sont consacrées à Nivea Bodymilk, aux pâtes Bschüssig et à Subaru … « Nur vo Subaru » proclame en dialecte uranais, à la toute dernière seconde, la voix du champion du monde et marchand de lunettes Bernhard Russi. Alors seulement commence le Tagesschau proprement dit. Cela signifie que la téléspectatrice penchée en avant ou le téléspectateur qui se laisse tomber dans son fauteuil doivent absolument consacrer le temps précieux précèdant le Téléjournal à la publicité. Quand le moment serait venu pour eux de se concentrer et de préparer leur esprit aux événements, aux scandales, aux catastrophes, quand ils sont tendus à l’extrême à l’idée que cela va commencer, quand leur attente de consommateurs de nouvelles atteint son point culminant, alors précisément on les force à penser aux soins du corps, à la qualité folklorique des pâtes suisses, et encore à la capacité d’un 4×4 japonais à affronter les routes de montagne enneigées, on les contraint à contempler une succession d’images inutiles et sans intérêt, à écouter les sons virtuels d’une musique commerciale artificielle. Ces conditions éprouvantes font que l’attente émotionnelle est devenue une véritable souffrance quand enfin le Téléjournal commence. Dieu merci, il dure presque une demi heure et permet de se détendre et de se remettre. A la fin de l’émission, avant la météo, on passe à des sujets commerciaux : le Footballeur de l’année, où l’on voit Sepp Blatter et Ronaldo, sans savoir lequel des deux est à l’honneur; puis le Golden Globe Award, où George Clooney dit « I am Charlie » et on se souvient qu’on a entendu parler de cela dans un autre contexte, mais le Téléjournal arrivant à sa fin ne l’évoque pas. Reviennent alors, jusqu’au début de la météo, la poitrine de poulet de Spar, le Bingo du Blick, une nouvelle partenaire chez Elite Partner, de belles vacances sur les croisières Costa, le rôti tessinois enrobé de lard que propose Denner et, au tout dernier moment, juste avant que Sandra Borner nous parle des conditions atmosphériques, on évoque le Gruyère doux – quel fromage !

La télévision suisse est une œuvre d’art globale, qui coûte cher. Sans publicité, elle vaudrait bien plus encore. Parce que la publicité ne vise dans le programme que les émissions qui font un maximum d’audience. Si la SSR était une entreprise privée et son téléjournal un produit commercial, il n’y aurait rien à redire. Mais la télévision suisse est aussi une télévision d’état. La votation populaire du 14 juin 2015 a modifié la loi fédérale sur la radio télévision et fait de la redevance radio TV un impôt appelé « taxe ». Tous les foyers et toutes les entreprises y sont soumis, mais le revenu de cet impôt ne figure pas dans les comptes de l’état. Formule acceptée par 50,1% des votants, représentant le 43,65% des électeurs potentiels. Même cette majorité d’une minceur extrême a dû avoir des doutes sur les explications fournies par le Conseil fédéral : cette taxe n’est pas un impôt et les programmes de radio et de télévision de la SRR demeurent indépendants de l’état.

La publicité est préjudiciable aux programmes de la SSR, parce qu’elle les oriente vers la quantité plutôt que vers la qualité. Ce sont les journaux gratuits, les médias en ligne et les réseaux sociaux qui ont pour objectif d’atteindre à tout prix le plus grand nombre de consommateurs. Au surplus, dans les journaux on n’est pas forcé de lire les annonces et, sur l’Internet, on supprime la publicité d’un clic. Mais, sur le grand écran de la TV, elle est en format mondial. On n’y coupe pas quand un personnage s’exclame «Ich bin doch e kän Löli! » Suis-je donc bête ! En effet. Seule une radio-télévision publique sans publicité vaut son prix. Ou du moins celui de la taxe.

Sondages d’opinion avant les votations : un divertissement ?

Depuis 1988, avant chaque votation fédérale, la SSR publie par deux fois les résultats d’un sondage d’opinion. Dans la plupart des pays, ces sondages servent de radar pour guider la navigation politique des gouvernements, mais, dans une démocratie directe, ils n’ont aucun sens. En Suisse, le citoyen ou la citoyenne, qui décide des questions politiques importantes, n’a nul besoin de savoir si son opinion rejoint celle de la majorité ou non.

Au contraire. Le secret du vote, ancré dans la loi, est, pour notre démocratie, la condition d’un vote libre et indépendant. Pourtant, depuis vingt ans, avant chaque votation, la SSR publie imperturbablement les résultats de sondages téléphoniques. « De quoi s’agit-il vraiment ? D’instantanés de l’opinion en formation ; en aucune manière de prévisions. », a dit le grand maître des sondages, Claude Longchamp, au Tagesanzeiger le 30 janvier 2010. Après une erreur d’estimation de plus de 20% du résultat de la votation sur l’interdiction des minarets – il s’agit donc bien d’une prévision –, les questions posées prennent dorénavant la forme suivante : « Si la votation avait lieu dimanche prochain, comment voteriez-vous ? ».

Il est évident que ces instantanés de l’opinion en formation exercent une influence sur le processus même qu’ils prétendent observer. Ce n’est pas un hasard si la votation du 24 septembre 2017 sur la prévoyance vieillesse a eu le résultat que l’on sait. GFS, l’institut de sondages de Longchamp, a communiqué en cours de route : « Si, le 3 septembre, le peuple avait dû voter sur les trois objets du scrutin fédéral du 24 septembre, le financement additionnel de l’AVS par une hausse de la TVA, avec 50% de OUI, et la réforme de la prévoyance vieillesse, avec 51%, auraient obtenu une très courte majorité. La participation aurait été de 53% ». En fait, la hausse de la TVA a été rejetée par 50% des votants – 2357 voix de plus pour le NON. La réforme de la prévoyance vieillesse a été refusée par 52,7 %. La participation a été de 46,7%. Ce ne sont pas là les résultats d’un vote libre, indépendant de toute influence extérieure. Les opérateurs de l’institut GF, qui se prétendent innocents fournisseurs d’instantanés du débat en cours, créent en réalité une tension artificielle qui a un effet pervers sur certains électeurs ou électrices. Ceux et celles qui sont favorables à la réforme de la prévoyance vieillesse sont incités à croire que leur point de vue va l’emporter de justesse et qu’ils n’ont donc pas besoin d’aller voter.

La publication de ces sondages d’opinion par le service public de la SSR fait courir un grand risque à la démocratie directe. La confidentialité du vote – postulat incontesté de la démocratie moderne dans un état de droit – devient une plaisanterie. Et il n’y a pas que les émissions d’information de la radio et de la télévision qui se laissent séduire par le jeu collectif de la devinette : quel côté de l’échiquier politique va « gagner » en ce dimanche de votations ? L’éditeur de journaux qui voulait interdire la publicité à la SSR avait, lui, classé les sondages d’opinion sous la rubrique « divertissement ». Il avait coutume de dire que ces pronostics apportent un peu de détente au courant politique normal et le rendent plus attractif !

Publicité adressable

Le 9 avril 1963, la SSR et les éditeurs de journaux sont tombés d’accord pour que la SSR, « en raison de sa situation financière difficile », selon les termes du communiqué de presse, cède une partie de son programme aux vendeurs de publicité. Dès, 1965, à travers la Société anonyme pour la publicité à la télévision (SAP, plus tard Publisuisse), la SSR a partagé les bénéfices de la vente de ses spots publicitaires avec les éditeurs. Plus tard, la SSR a racheté toutes les actions de la société, sauf 0,1% pour l’Union suisse des arts et métiers. Pendant des dizaines d’années, la SSR a été le principal fournisseur de la publicité télévisuelle classique, du sponsoring radio et télévision, de la publicité sur le télétexte et de la cross communication : « Publisuisse, partenaire commercial de la SSR, vend sa publicité en exclusivité. Avec ses produits haut de gamme, Publisuisse offre aux annonceurs du marché suisse une audience maximale et des contacts de qualité ». Tel était le contenu d’un spot publicitaire de Publisuisse SA.

Dès l’origine, la commercialisation de son offre rédactionnelle mettait la SSR en situation de conflit d’intérêt indirect avec son mandat de programme fixé par la loi. L’introduction de la publicité a fait perdre son innocence au service public. Il est vrai que la SSR a toujours été accompagnée et soutenue dans cette voie par le DETEC, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication. Le 9 juin 2016, le DETEC a fait l’éloge de Publisuisse dans un rapport sur la viabilité économique de la SSR : «  Les programmes de la SSR ont un haut niveau d’acceptation et, en comparaison avec la concurrence, se distinguent par la quantité et la fréquence des contrats publicitaires qu’ils suscitent. Le développement du marché est très finement analysé par Publisuisse, qui a construit sur la base des connaissances ainsi acquises le concept détaillé de son offre et de ses tarifs. Selon notre examen, ce concept est tout à fait complet et concluant.  Publisuisse n’utilise pas la logistique des médias uniquement pour ses besoins propres, mais aussi pour construire un modèle d’affaires rentable et bien positionné sur le marché. Au cours des derniers exercices, Publisuisse a connu la réussite et son bilan est solide. »

On croirait lire l’éloge funèbre de cette entreprise disparue en plein succès, à la surprise générale. Publisuisse SA s’est en effet fondue dans le conglomérat Admeira. Le 10 décembre 2015, le registre du commerce de Zürich annonçait la création d’une firme appelée Ringier Publishing AG, avec trois administrateurs représentant la centrale de Ringier à la Dufourstrasse. Le 26 janvier 2016, le même registre annonçait que le Conseil d’administration de la société comptait désormais 18 membres, dont Roger de Weck et Gilles Marchand, de la SSR, Urs Schäppi de Swisscom, Alexander Theobald et Marc Walder de Ringier. Le 29 avril 2016, la firme fondée par Ringier s’est transformée en Admeira et son siège a été transféré à Berne, Giacomettistrasse 1. Son but : vendre du temps et de l’espace publicitaires. Le registre du commerce de Berne précise : « La société peut créer des succursales et des filiales en Suisse et à l’étranger, prendre des participations dans d’autres entreprises en Suisse et à l’étranger, ou encore s’associer avec elles et mener toutes opérations en rapport direct ou indirect avec son but. La société peut acquérir, détenir, administrer, utiliser, hypothéquer et vendre des droits de propriété intellectuelle. »

Sur la page web admeira.ch on explique l’euphémisme « vendre du temps et de l’espace publicitaires ». Il s’agit au premier chef d’introduire sur les canaux de la SSR le fabuleusement profitable « Targeted Advertising : « Grâce à Internet, on sait la réussite d’une publicité dynamique et ciblée. Les acteurs du marché publicitaire entendent minimiser les pertes qu’entraîne un ciblage aléatoire en ne s’adressant plus qu’aux consommateurs qu’ils veulent effectivement toucher. On y parvient par le recours à des données socio démographiques et à des informations sur le comportement des consommateurs (targeting insights). Quant la publicité est activée en direct, au moment où le consommateur visite une plateforme donnée, on la qualifie de dynamique. »

Tout est clair ? Il s’agit pour la SSR, en dépit de la loi, de pratiquer une publicité ciblée sur des groupes particuliers de consommateurs. Au Palais fédéral, on sent à ce sujet une certaine nervosité. Le 15 mars 2015 déjà, le député soleurois PDC Beat Vonlanthen a déposé une initiative parlementaire intitulée « Coopération sans discrimination ». La SSR devrait chercher la collaboration avec d’autres entreprises de médias pour contribuer à la diversité de l’offre et à la pluralité des médias ; elle devrait tendre la main à tous les médias. La Commission de transports et des télécommunications a repoussé cette initiative le 11 mai 2017, mais formulé une motion du même genre « pour garantir la diversité des médias en Suisse », qui s’est heurtée au refus du Conseil fédéral. D’un autre côté, suite à sa plainte contre Admeira, l’Association des médias suisses a reçu le 6 octobre 2016 du Tribunal administratif fédéral une prise de position selon laquelle on doit fixer des limites à la « volonté d’expansion » de la SSR, afin qu’elle ne restreigne pas les possibilités de développement des autres entreprises de médias.

Mais la SSR est indomptable. La direction générale de la SSR reçoit de l’OFCOM le 29 février 2016 un courrier recommandé comportant le texte suivant : « Sans une modification du cadre légal, la SSR n’est pas autorisée à placer dans ses programmes de la publicité ciblée sur des groupes particuliers ». Admeira, sur son site web, rassure les annonceurs : « Afin de pouvoir introduire le « Targeted Advertising » sur les canaux de la SSR, il faut tout d’abord en élaborer le cadre juridique. L’OFCOM est arrivé à la conclusion que cette question pourrait être réglée par une adaptation de la concession ou de l’ordonnance sur la radio et la télévision. » Cette affirmation pourrait sembler discutable si l’OFCOM ne l’avait pas inscrite telle quelle dans son communiqué de presse. On peut d’ailleurs remarquer que l’office fédéral recommande de modifier fondamentalement la loi radio-TV par la voie de l’ordonnance. Pour éviter le référendum facultatif contre une nouvelle modification de l’ancienne loi et créer un fait accompli en vue de la nouvelle?

Au début de son année présidentielle 2017, la Conseillère fédérale Doris Leuthard a donné à la NZZ une interview où elle affirmait que toute la publicité allait filer sur Internet et que les éditeurs feraient mieux de prendre ce virage plutôt que de se plaindre de la SSR. A la question de savoir si toutes les offres de la SSR correspondaient à la vocation d’un service public, elle a donné une réponse qui en dit long : « C’est une bonne question. Pour le Conseil fédéral, la SSR doit mettre l’accent principal sur l’information. Au moins la moitié des 1,2 milliards de la redevance doivent aller à ce domaine. Le sport et le divertissement sont plus discutables. Des privés pourraient aussi retransmettre les événements sportifs. Mais, comme ils sont très chers, en règle générale ils ne le font pas. On peut se demander si les prestations SSR ne pourraient pas rendre service aux autres médias, par exemple sur le plan des droits. »

Aux yeux de la ministre des médias, la nouvelle loi devrait-elle ouvrir la voie au financement de droits sportifs exorbitants par la publicité adressable (targeted advertising) ou des produits publicitaires de la même veine ? Cette perspective n’est pas rassurante. Plus que la naïve SAP, Admeira, qui déjà compte parmi les plus gros marchands de publicité du pays, mettra demain le journalisme haut de gamme de la SSR au service de la publicité. L’ « idée suisse », dont la SSR se réclamait il y a quelques années, se réduira à un support publicitaire qui ne s’adresse à nous, citoyennes et citoyens, que pour nous inciter à la consommation. Le journalisme – en particulier celui de la SSR – vaut bien plus que cela. Dans l’intérêt de notre démocratie directe, le journalisme de la SSR doit retrouver le temps et l’espace qu’il mérite.

Oswald Sigg, 6.12.2017.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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Wider die Vermarktung der SRG

Die Initiative „No Billag“ ist nicht grundlos entstanden. Während einstmals ausgerechnet die Zeitungsverleger der SRG zu mehr Einnahmen via Fernsehwerbung verhalfen, verlieren sie seit langem die Werbung als Finanzierungsbasis. Jetzt werden sie von Admeira (dem joint venture von SRG, Ringier und Swisscom) durch datengesteuerte TV- und online-Werbung konkurrenziert.

Die Initiative „No Billag“ ist abzulehnen, damit die SRG mit der Vermarktung ihrer Programme aufhört , zum Service public und so zur ‚idée suisse‘ zurückkehrt und damit jenen Journalismus garantiert, der unabdingbar zur direkten Demokratie gehört.

Fernsehen und Radio als Heimatstilmöbel

Das Fernsehen als Möbel war zunächst auch eine Stilfrage. Am Anfang der Übertragungstechnik von Zeichen, Sprache, Musik und Bildern durch elektromagnetische Wellen stand der Physiker Heinrich Hertz. Wir befinden uns noch im vormobiliaren Zeitalter der modernen Medien. Mit der danach von Karl Ferdinand Braun entwickelten Kathodenstrahlröhre (Braun’sche Röhre) und dem von einem, damals 15-Jährigen Ungelernten, Manfred von Ardenne, erfundenen Breitbandverstärker, wurden Fernsehen und Radar als Empfangsgeräte technisch entscheidend vorangebracht. Das war im Jahr 1925.

1950 besuchten mein Vater und ich eine der ersten öffentlichen Übertragungen des Fernsehversuchsbetriebs aus dem Studio Bellerive im Zürcher Seefeld. Es war an einem frühen Abend im Frühling, als wir das Sääli des Restaurants Rebstock in Zürich-Höngg betraten. Etwas zu spät, wir mussten in den hinteren Stuhlreihen Platz nehmen. Die zahlreichen Anwesenden starrten alle auf den von einer leichmetalligen Konstruktion getragenen Bildschirm des Versuchsgeräts, das vorne auf dem Vorstandstisch in dessen Mitte aufgebaut war und die Grösse einer halben Bananenkiste hatte. Mit diesem sakralen Aufbau und den andächtig an die Zukunft des Schweizer Fernsehens Glaubenden im Sääli gemahnte mich das Ganze an die Erprobung der Niederkunft von etwas Geheimnisvollem, das man „Television“ nannte. Auf dem Altar und dem gewölbten, meist nur flimmernden Bildschirm, wurde es zwischendurch ganz hell und dann sofort wieder so dunkel wie die Nacht. Ein Techniker stand unschlüssig daneben, bastelte etwas an der Rückseite herum oder er gab dem Gerät einen gutmütigen Klaps. Dann waren doch auf einmal bewegte Gestalten zu erkennen – vermutlich ein Fussballspiel. Ohne Ton. Ohne Werbung. Wir TV-Zuschauer, mehrheitlich Männer im Pensionsalter, verfolgten angeblich den Match GC gegen Aarau. Kommentarlos und somit stumm lief das Programm ab. Aber GC – die Grashoppers – schien ohnehin viel stärker und mein Vater war nicht an Fussball interessiert. Er verbrachte seine Freizeit mit Jassen und Singen. Sein Club war nicht der GC, sondern der Männerchor Zürich.

Wir verliessen die Wirtschaft vor dem Ende der Aufführung. Ein solcher Apparat kommt mir nicht ins Haus, sagte mein Vater auf dem Heimweg. 15 Jahre später stand hingegen eines schönen Morgens auf dem kleinen Stubentischli ein hölzerner Kasten, der auf den ersten Blick aussah wie ein drolliger kleiner Barschrank. Hinter der abschliessbaren Schiebetür befand sich der moderne Fernsehempfänger der westdeutschen Marke „Grundig“. Der Vater bekam das Gerät zu seiner Pensionierung vom Arbeitgeber gratis und franko nach Hause geliefert – für einen spannenden und unterhaltsamen Lebensabend. Dem geschenkten Gaul schaut man nicht ins Maul, wird er sich gesagt haben. Wohl deshalb blieb anfänglich die Schiebetür zum Möbel, ausserhalb der jeweils viertelstündigen Inbetriebnahme des Fernsehgeräts zur „Tagesschau“, geschlossen. Mit fortschreitender Altersmilde des Pensionärs wurde der Bildschirm, auch ausser Betrieb, zunehmend sichtbar. Nur an Festtagen und wenn wir Besuch erwarteten, stellte die Mutter die Stube etwas um: das unsichtbare Fernsehgerät wurde schamvoll in die Ecke gestellt.

Unsere Stube zierten gemütliche Wohnmöbel im damaligen Landi-Stil. Sie stammten nicht etwa aus einem LANDI-Laden, sondern wurden im Möbelgeschäft Hotz am Bleicherweg gekauft. Dieses führte das durch die Schweizerische Landesausstellung 1939 bekannt gewordene und als heimatlich deklarierte Möbelprogramm. Die Heimat als Zuhause ruhte denn auch und gerade in der Wohnstube. Darin stand – lange Zeit vor dem Fernseher – gleich neben dem Sofa eine Musiktruhe. Das war ein Radiomöbel samt Plattenspieler. Es war so gross wie zwei nebeneinander aufgestellte Bananenkisten. Das schöne hölzerne Radiomöbel hatte mein Vater einem Sängerfreund abgekauft, der es seinerseits vielleicht zum Händlerpreis erstehen konnte, weil er Inhaber eines weitherum bekannten Elektroartikel-Geschäfts war. Auf der Rückwand des Möbels war die Marke angebracht: „Tonfunk Violetta“ Made in GDR. Das Möbel stammte somit aus Ostdeutschland, aus der DDR, aus dem realen Sozialismus. Hätte er dies gewusst, mein Vater hätte das schöne Möbel nicht für 20 Franken gekauft. Und es enthielt Dinge, die das Radio für uns Kinder wesentlich spannender machten als später die „Tagesschau“, welche wir nur gelegentlich und ausnahmsweise verfolgen durften. Der Radioapparat und der Plattenspieler waren ausgestattet mit einem grossen Lautsprecher hinter einer holzverzierten Stoffwand. Darüber war die grosse Senderskala angebracht. Sie war beleuchtet und mit dem Drehknopf fuhr man den schmalen, roten Zeiger über die Sendestationen in aller Welt. Von Alexandria II über Frederikstad, M Ceneri, Hilversum II, Tunis, Sottens, Prag, Beromünster, Budapest und – extrem geheimnisvoll – bis zu Ljubliana, um nur einige von etwa 70 Stationen zu nennen. Die Empfangsqualität auf den Mittelwelle-Sendern wurde durch ein grünes Auge angezeigt – je grüner umso klangvoller schwebten die Töne hinter der Stoffmembrane hervor. Wenn auf dem Beromünster-Programm abends eine schaurige Geschichte als Hörspiel angekündigt war, wurden die Fensterläden geschlossen, die Lichter gelöscht und wir sassen auf dem Boden vor dem Radioapparat und man sah nur noch die Namen der Radiostationen in aller Welt und das grüne Auge und wir vergingen fast vor Neugier, welchen Ausgang gerade dieses Stück nehmen sollte. Vor allem über das Radio wurden wir mit wundersamen Geschichten versorgt. Allein schon die Sprache, die Stimmen der Hörspielenden und der Sprecher und schon gar die Nachrichten selbst: sie regten unsere Phantasie an. Wir glaubten nicht alles, was man uns Kindern am Radio erzählte. Aber wenn wir uns vorstellen konnten, wo das Gute lag und wer die Bösen waren, wie das Glück ausschaute und warum wir Angst bekamen, dann entstand etwas, von dem heute kaum mehr die Rede ist: Phantasie – und die SRG versorgte uns mit dem Rohstoff dazu.

Die Schweizerische Radio- und Fernsehgesellschaft stand für die Programme, die aus unseren Möbeln zu hören und zu sehen waren. Ihre Nützlichkeit war umso grösser, als man in unserer kleinen Familie in erster Linie an Nachrichten und Informationen, an Hörspielen und Filmen, an Wunschkonzert, Briefkastenonkel und Sportübertragungen in Ton und Bild interessiert war. Die Nachrichten aus der Schweiz und vom Rest der Welt stammten von der SDA, der Schweizerischen Depeschenagentur. Die längste Zeit ihres über 100-jährigen Bestehens war die SDA auch informell zuständig für die Ausbildung der Journalistinnen und Journalisten. Für die technische Übertragung aller Programme von Radio und Fernsehen in die ganze Schweiz waren die PTT, die Schweizerischen Post-, Telefon- und Telegrafenbetriebe, zuständig. Alles in allem eine heile Welt des medialen Service public und zugleich mehr als das: eine Heimat.

Werbespots programmieren das Fernsehen

Ein Werbeverbot für die SRG. Auch wenn die Forderung vom damaligen Präsidenten des Verbands Schweizer Medien, Hanspeter Lebrument, erhoben wurde: ich teile sie. Warum? Weil mir der Arzt mehr Bewegung, mehr Gemüse und weniger Fernsehen empfohlen hat. Die von Werbung unterbrochenen Abendprogramme der SRG sind eine unerschöpfliche Quelle diffusen Ärgers. Und ein Verursacher erhöhten Blutdrucks dazu – um ca. 19 25 Uhr gegen 170 systolisch. Auf dem Bildschirm bestehen die letzten Minuten vor der SRF-Tagesschau aus Börse, Sponsoring und Werbung für Swisscom, Alpiq, Raiffeisen, Helvetia, Swissquote, Swisslos, die letzten Sekunden sind geprägt von Nivea Bodymilk, Bschüssig Teigwaren und Subaru .. nur vo Subaru! ruft urnerdialektisch in der allerletzten Sekunde die Stimme von Weltmeister und Brillenverkäufer Bernhard Russi – und erst jetzt gehts wirklich los mit der originalen Tagesschau. Das bedeutet nichts anderes als dass die geneigte Zuschauerin oder der sich eilends in den Sessel schletzende Zuschauer die kostbar kurze Zeit vor der Eröffnung der Tagesschau, also dann, wenn ein Augenblick des sich Sammelns und der gedanklichen Hinwendung auf die kommenden Ereignisse, Skandale, Katastrophen gekommen wäre, in diesen vor Spannung vibrierenden und nach dem überfälligen Beginn dürstenden Momenten, in denen die Aufmerksamkeit aller Newskonsumierenden die Spitzenwerte des Tages erreichen: jetzt erst und plötzlich muss man sich noch mit der Körperpflege und mit der folkloristischen Qualität von Schweizer Teigwaren und dann auch noch mit der winterlichen Gebirgstauglichkeit einer allradgetriebenen Automarke aus Japan befassen, man ist gezwungen, die hilf- und belanglosen Bildfolgen zu betrachten und einer kommerziellen Komposition von virtuell-atonalen Klangimitationen zu lauschen. Unter solch extremen Bedingungen steigt jedesmal die emotional gespannte Erwartung geradezu schmerzhaft an bis dann – endlich – die Tagesschau beginnt. Zum Glück dauert sie fast eine halbe Stunde, sodass darin eine gewisse Entspannung und Erholung möglich wird. Wenn jedoch am Schluss der Sendung und vor dem Wetter wieder der Übergang zu den kommerziellen Sujets eingeleitet wird, geht es um den Fussballer des Jahres und man sieht den Sepp Blatter und den Ronaldo und es ist unklar, wer von beiden es geworden ist und dann hört man noch bei der Verleihung des Golden Globe Award George Clooney I am Charlie sagen und jetzt erinnert man sich, dass doch davon eigentlich eben erst in anderem Zusammenhang die Rede war, worauf aber die Tagesschau offiziell als an ihrem Ende angelangt erklärt wird. Und dann geht es alsbald und bis zum Beginn des Wetters um die Pouletbrust von Spar, die Bingokarte im Blick, die neue Partnerin bei Elite Partner, die Ferien auf den Costa-Kreuzfahrten sowie den Tessinerbraten mit Frühstücksspeck der bei Denner erhältlich ist und bevor Sandra Boner im Wetter von mülden Verhältnissen spricht ist, noch ganz, ganz kurz von Gruyère mild – so ein Käse – die Rede.

Eigentlich ist das Schweizer Fernsehen ein Gesamtkunstwerk. Und diese Kunst ist teuer. Aber ohne Werbung wäre sie viel mehr wert. Weil die Werbung im Programm immer nur jene Sendung aufsucht, die das grösste Publikum hat. Wäre die SRG ein privates Unternehmen und ihre Tagesschau-Ausgaben kommerzielle Produkte, müsste hierüber keine Zeile geschrieben werden.

Dann aber ist das Schweizer Fernsehen auch ein Staatssender. In der Volksabstimmung zur Änderung des Bundesgesetzes über Radio und Fernsehen vom 14. Juni 2015 ist aus der bisherigen Empfangsgebühr eine „Abgabe“ genannte Steuer für Radio und Fernsehen geworden. Steuerpflichtig sind sämtliche Haushalte und Unternehmen. Der Ertrag dieser Steuer wird in der Staatsrechnung nicht veröffentlicht. Bei einer Stimmbeteiligung von 43.65% ist die Steuer mit 50.1% Ja-Stimmen angenommen worden. Selbst die hauchdünne Mehrheit der Ja-Stimmenden muss ob den Erklärungen des Bundesrates gezweifelt haben. Weder sei diese Abgabe eine Steuer, noch seien die begünstigten Radio- und Fernsehprogramme der SRG vom Staat abhängig.

Werbung ist der Programmqualität abträglich, weil sie sich nur an der Quantität des Publikums orientiert. Nach wenig anderem als der Anzahl von Konsumenten funktionieren auch die Gratiszeitungen, die onlineMedien oder die social media. In den Zeitungen kann die Werbung überblättert und in den online-Ausgaben weggeschoben werden. Aber auf den grossen TV-Bildschirmen bekommt sie Weltformat. Übergross sagt darauf einer auch schon mal: „Ächli schtinke muesses…“ und ein anderer: „Ich bin doch e kän Löli!“ In der Tat. Nur ein werbefreies öffentliches Radio und Fernsehen ist sein Geld wert. Oder allenfalls seine Steuer.

Abstimmungsumfragen als Entertainment

Seit 1998 veröffentlicht die SRG zwei mal vor jeder eidgenössischen Volksabstimmung die auf Trendumfragen gestützten Resultate. Während in den meisten Ländern Meinungs-Umfragen den Regierungen den nötigen Radarschirm abgeben, um damit überhaupt politisch navigieren zu können, sind sie in unserer direkten Demokratie ein Unsinn. In der Schweiz entscheidet der Stimmbürger und die Stimmbürgerin über alle wichtigen politischen Fragen. Wir brauchen keinerlei Umfrageresultate, um zu sehen, ob wir mit unserer Meinung im Trend liegen oder nicht.

Im Gegenteil. Das gesetzlich verankerte Stimmgeheimnis ist in der Abstimmungsdemokratie die Voraussetzung für eine freie und unbeeinflusste Stimmabgabe. Sie steht jeder Bürgerin und jedem Bürger zu. Doch seit 20 Jahren veröffentlicht die SRG, unbeirrt ob solchen Bedenken, jeweils vor den Urnengängen die Ergebnisse aus den Call Centers. „Was sind denn Abstimmungsumfragen wirklich? Momentaufnahmen der politischen Meinungsbildung. Und keine Voraussagen.“ Dies sagte der Altmeister Claude Longchamp dem Tages-Anzeiger vom 30. Januar 2010. Nachdem er sich bei der Abstimmung über das Minarettverbot – nennt man sie dennoch Voraussagen – um satte 20,5% „verschätzt“ hatte. Die Frage lautet ja jeweils auch so: „Wenn nächsten Sonntag die Abstimmung wäre, wie würden Sie stimmen?“

Es liegt auf der Hand, dass die Momentaufnahmen die im Gang befindliche Meinungsbildung selbst beeinflussen. Daher kommt es nicht von ungefähr, wie die Altersvorsorge-Abstimmung vom 24. September 2017 herauskam. Denn Longchamps Call Center GFS teilte vorgängig mit: „Wäre bereits am 3. September 2017 über die drei Vorlagen der eidgenössischen Volksabstimmungen vom 24. September 2017 entschieden worden, wären …die Zusatzfinanzierung der AHV durch eine Erhöhung der Mehrwertsteuer mit 50 Prozent und die Reform der Altersvorsorge mit 51 Prozent sehr knapp angenommen worden. Die Beteiligung hätte 53 Prozent betragen.“

Tatsächlich ist die Mehrwertsteuervorlage mit 50% bzw. mit 2’357 mehr Nein-Stimmen sowie mit dem Ständemehr abgelehnt worden. Während die Reform der Altersvorsorge mit 52,7% Nein-Stimmen abgelehnt worden ist. Und dies bei einer Stimmbeteiligung von 46,7%. Das reale Endresultat ist somit nicht frei und unbeeinflusst entstanden. Für die Betreiber der Call Centers ist das Schöne daran, dass mit ihren unschuldigen Momentaufnahmen der Abstimmungsdiskussion eine künstliche Spannung erzeugt wird. Das wiederum kann für einzelne Stimmende perfid sein: sie waren für die Altersvorsorge und nun täuscht man ihnen vor, es werde knapp reichen. So beeinflusst nehmen sie sich die Freiheit, gar nicht abzustimmen.

Die Publikation solcher Umfrageresultate, durch das öffentlich finanzierte Unternehmen SRG, ist für die direkte Demokratie mit einem hohen Risiko verbunden. Das Stimmgeheimnis – ein unbestrittenes Postulat der modernen und rechtsstaatlichen Demokratie – wird zur Spielerei. Das kollektive Rätselraten, welche politische Seite am nächsten Abstimmungssonntag ‚gewinnen‘ werde, ist nicht nur für die Nachrichtenprogramme von Radio und Fernsehen attraktiv. Derselbe Zeitungsverleger, der schon einmal der SRG die TV-Werbung verbieten wollte, hat die Veröffentlichung der Abstimmungsumfragen publizistisch zur Kategorie Unterhaltung gehörend eingereiht. Im Inlandteil der Schweizer Zeitungen, meinte er, würden diese Prognosen den courant normal der Politik etwas auflockern und mithin zum Spannendsten gehören.

Targeted Advertising

Am 9. April 1963 wurden sich die SRG und der Zeitungsverlegerverband einig, dass die SRG  « aufgrund der schwierigen finanziellen Lage des Schweizer Fernsehens », wie es in einem Communiqué hiess, Teile ihres Fernsehprogramms an Werbevermarkter verkaufen werde. Mit der AG für das Werbefernsehen (AGW, später Publisuisse genannt) hat sich die SRG ab 1965 mit den Verlegern in die Erträge aus den Werbespots geteilt. Später kaufte die SRG alle Aktien auf, bis auf 0,2% welche der Schweiz. Gewerbeverband hielt. Die SRG war somit jahrzehntelang bis 2016 die grösste Anbieterin klassischer Fernsehwerbung, von Fernseh- und Radiosponsoring, Teletext-Werbung sowie Cross-Communication: „Publisuisse ist kommerzielle Partnerin der SRG SSR und vermarktet exklusiv deren publizistische Angebote. Mit diesen Premiumprodukten bietet publisuisse der Schweizer Werbewirtschaft höchste Reichweiten und beste Kontaktqualität.“ Das war der Originalton des Werbespots der publisuisse SA.

Mit der „Vermarktung der publizistischen Angebote“ standen allein schon die SRG-Fernsehprogramme in einem indirekten Interessenkonflikt mit dem gesetzlichen Programmauftrag. Damit hatte die SRG auch die Unschuld eines Service Public-Unternehmens längst aufgegeben. Allerdings ist sie auf diesem Weg bis auf den heutigen Tag vom UVEK, dem Eidgenössischen Departement für Umwelt, Energie und Kommunikation, immer begleitet und gestützt worden. Noch am 9. Juni 2016 hatte dieses Departement im Rahmen einer Wirtschaftlichkeitsprüfung der SRG und ihrer Unternehmen die Publisuisse gelobt: „Die Programme der SRG finden eine hohe Akzeptanz und zeichnen sich durch eine im Wettbewerbsvergleich verträgliche Werbemenge und -frequenz aus. Die Marktentwicklung wurde durch Publisuisse sehr genau analysiert, welche gestützt auf die daraus gewonnenen Erkenntnisse das detaillierte Produkt-, Angebots- und Preiskonzept aufgebaut hat. Der Prüfbericht hält fest, dass diese Konzepte vollständig und schlüssig sind. Die Medienlogistik wurde von der Publisuisse nicht nur zum Eigenbedarf genutzt, sondern auch als Geschäftsmodell betrieben, welches im Markt gut positioniert und rentabel war. Die Publisuisse war in den letzten Geschäftsjahren erfolgreich unterwegs und war bilanziell solide aufgestellt.“

Das tönt wie ein verspäteter Nachruf auf eine erfolgreiche, jedoch überraschend verstorbene Firma. Die Publisuisse AG ist aber einfach im Admeira-Konglomerat aufgegangen. Am 10. Dezember 2015 meldete das Zürcher Handelsregister-Amt die Gründung einer Firma namens Ringier Publishing AG Zürich mit drei Verwaltungsräten aus der Ringier-Zentrale an der Zürcher Dufourstrasse. Am 28. Januar 2016 meldete dasselbe Handelsregisteramt eine Ergänzung des Verwaltungsrats auf 18 Personen, worunter Roger de Weck und Gilles Marchand von der SRG, Urs Schäppi von der Swisscom, sowie Alexander Theobald und Marc Walder von Ringier. Am 29. April 2016 wurde die Ringier-Firma dann zur Admeira AG, die ihren Sitz nach Bern, an die Giacomettistrasse 1, verlegte. Ihr Zweck: das Vermarkten von Werbezeit und Werberaum. Das Handelsregisteramt Bern hielt nun fest: „Die Gesellschaft kann Zweigniederlassungen und Tochtergesellschaften im In- und Ausland errichten und sich an anderen Unternehmen im In- und Ausland beteiligen oder sich mit ihnen zusammenschliessen sowie alle Geschäfte tätigen, die direkt oder indirekt mit ihrem Zweck im Zusammenhang stehen. Die Gesellschaft kann Immaterialgüterrechte erwerben, halten, verwalten, nutzen, belasten und veräussern.“

Auf der Webseite admeira.ch wird der Euphemismus „Vermarktung von Werbezeit und Werberaum“ erklärt: Es geht in erster Linie um das sagenhaft profitable „Targeted Advertising“ – auch auf den SRG-Kanälen: „Die zielgerichtete und dynamische Ausspielung von Werbung kennt man aus dem Internet. Es geht Werbetreibenden darum, möglichst Streuverluste zu minimieren, indem sie nur die gewünschten Konsumenten ansprechen. Dies wird mittels soziodemografischen Daten und Informationen über das Verhalten der Konsumenten ausgesteuert (Targeting Insights). Wird es live gemacht (zum Zeitpunkt des Besuches eines Konsumenten auf einer Plattform), bezeichnet man das als dynamisch.“

Alles klar? Es geht dabei aber auch um die für die SRG gesetzlich verbotene zielgruppengerechte Werbung. Im Bundeshaus in Bern wird man jetzt doch etwas nervös. Der solothurnische CVP-Ständerat Beat Vonlanthen hat schon am 15. März 2015 eine Parlamentarische Initiative mit den Titel „Diskriminierungsfreie Kooperationen“ eingereicht. Die SRG müsse die Zusammenarbeit mit anderen Medienunternehmen suchen um zur Stärkung der Angebots- und Meinungsvielfalt beizutragen und allen Medien offenzustehen. Die Verkehr- und Fernmelde-Kommission lehnt die Initiative am 11. Mai 2017 ab und formuliert eine gleichlautende Motion „zur Gewährleistung der Medienvielfalt in der Schweiz“, die wiederum beim Bundesrat auf Ablehnung stösst. Derweilen hat der Verband Schweizer Medien (VSM) am 6. Oktober 2016 vom Bundesverwaltungsgericht Parteistellung im Verfahren gegen Admeira erhalten. Das Gericht hält auch fest, der SRG müsse „bei ihren Expansionsbestrebungen“ Grenzen gesetzt werden, um die Entfaltungsmöglichkeiten anderer Medienhäuser nicht zu beschränken.

Die Zähmung der wildgewordenen SRG will aber nicht gelingen. Die SRG-Generaldirektion erhielt jedenfalls vom BAKOM am 29. Februar 2016 eine eingeschriebene Verfügung mit folgendem Wortlaut: „Es wird festgestellt, dass der SRG die Ausstrahlung zielgruppenspezifischer Fernsehwerbung in ihren Programmen ohne Anpassung der rechtlichen Rahmenbedingungen nicht erlaubt ist.“ Doch Admeira ihrerseits versucht auf der Website die Werbekunden zu beruhigen: „Damit Targeted Advertising auch auf den SRG-Kanälen eingeführt werden kann, müssen die rechtlichen Rahmenbedingungen erst geschaffen werden. … Das BAKOM kommt zum Schluss, dass diese Frage mit einer Anpassung der Konzession oder der Radio- und Fernsehverordnung geregelt werden müsste.“ Das wäre eine Behauptung wider besseren Wissens, wenn nicht das BAKOM genau diesen Satz in seiner Medienmitteilung aufgeführt hätte. Bemerkenswert: das Bundesamt empfiehlt so eine grundlegende Änderung des RTVG via Verordnung. Damit man das fakultative Referendum gegen eine erneute Änderung des alten RTVG vermeiden und Fakten für das kommende Mediengesetz schaffen kann?

Bundesrätin Doris Leuthard gab zu Beginn ihres Präsidialjahres 2017 in einem Interview mit der NZZ zu bedenken, dass die Werbung nun einfach ins Internet abfliesse. Die Verleger müssten sich diesem Wandel stellen, statt sich über die SRG zu beklagen. Eine vielsagende Antwort gab sie zur Frage, ob denn wirklich alle Angebote der SRG zum Service public gehörten: „Dies ist eine berechtigte Frage. Für den Bundesrat muss das Schwergewicht der SRG bei der Information liegen. Mindestens die Hälfte der 1,2 Milliarden Gebührengelder muss in diesen Bereich fliessen. Die Diskussion dreht sich um Sport und Unterhaltung. Auch Private könnten Sportveranstaltungen übertragen. Weil es sehr aufwendig ist, machen sie es in der Regel aber nicht. Es stellt sich die Frage, wie die SRG mit ihren Dienstleistungen den Rest der Medien bedienen kann, etwa bei den Rechten.“

Sollte vielleicht das neue Mediengesetz in den Augen der Medienministerin Hand dafür bieten, dass insbesondere die exorbitant teuren Sportrechte aus den Erträgen von targeted advertising und ähnlichen Werbeprodukten finanziert werden? Man merkt die Absicht, und ist verstimmt. Mehr als noch die biedere AGW verkauft Admeira – jetzt schon unter den grössten Werbevermarktern der Schweiz – künftig den hochwertigen Journalismus der SRG als blosses Werbeumfeld. Die „idée suisse“, wie sich die SRG noch vor ein paar Jahren nannte, wird zur Werbeträgerin reduziert, die uns Bürgerinnen und Bürger nur des Konsums wegen anspricht. Aber der Journalismus – gerade auch jener der SRG – bedeutet viel mehr als ein solches Geschäft. Und im Sinn unserer direkten Demokratie soll der SRG-Journalismus wieder mehr Raum und Zeit einnehmen.

 

6.12.17 OS