Guillaume Chenevière

Ce que l’ONU appelle la Société de l’Information et de la Connaissance est impactée par une révolution technologique d’une rapidité et d’une ampleur sans précédent. Dans un monde déboussolé, les citoyens ont besoin d’informations fiables, alors même qu’il devient malaisé de démêler le vrai du faux, les faits des opinions.

Le règne de la post vérité pose aux médias un défi que la Suisse, avec sa démocratie semi directe, doit relever à tout prix. Le service public médiatique de la SSR, fortement implanté, bénéficie d’un capital de confiance qui lui donne un rôle central à cet égard. L’initiative No Billag, qui menace de le démanteler, est aussi une occasion historique de démontrer l’actualité et la pertinence de son journalisme.

Il convient que les professionnels associent la société civile suisse, dans ses composantes les plus dynamiques, à une redéfinition des exigences du journalisme de service public. Il en résultera des lignes directrices que la SSR s’engagera à observer, sous le contrôle d’une instance neutre, rigoureusement indépendante de l’Etat. On donnera à cette démarche toute la publicité possible pour que l’opinion dans son ensemble prenne conscience des enjeux d’une information factuelle et des garanties que la SSR lui offre à cet égard.

Une information de service public courageuse et engagée, sur la base d’une méthode journalistique transparente sous le contrôle des citoyens, peut faire de la Suisse un exemple dans la période troublée qui s’amorce pour les démocraties du monde entier.

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Raymond Vouillamoz

Au vingtième siècle la télévision incarnait la modernité. Au vingt et unième siècle la révolution numérique remet tout en question. L’initiative No Billag caractérise le combat sans fin entre l’ultralibéralisme du chacun pour soi et les partisans d’une société pacifiée par les valeurs de la démocratie. Dans son chapitre Raymond Vouillamoz ausculte le passé et envisage l’avenir de la télévision publique généraliste et plus particulièrement les programmes de la Télévision suisse romande à la lumière des changements majeurs intervenus dans la consommation des émissions de télévision. Les Téléjournaux français, qui ne s’intéressent aucunement à l’actualité suisse, deviendront-ils par la faute des partisans de No Billag, notre pain quotidien ? Les amateurs de sport devront-ils s’abonner à une dizaine de chaînes pour suivre les exploits de nos athlètes ? Faut-il sacrifier sur l’autel de Youtube l’existence du Téléjournal de Darius Rochebin, les magazines d’information comme Mise au point, TTC, A bon entendeur, 36,9, Temps Présent, Passe-moi les jumelles, Infra-rouge ? Voilà pour nous autres Suisses romands quelques uns des enjeux de la votation du 4 mars.

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Oswald Sigg

Die Initiative „No Billag“ ist nicht grundlos entstanden. Während einstmals ausgerechnet die Zeitungsverleger der SRG zu mehr Einnahmen via Fernsehwerbung verhalfen, verlieren sie seit langem die Werbung als Finanzierungsbasis. Jetzt werden sie von Admeira (dem joint venture von SRG, Ringier und Swisscom) durch datengesteuerte TV- und online-Werbung konkurrenziert.

Die Initiative „No Billag“ ist abzulehnen, damit die SRG mit der Vermarktung ihrer Programme aufhört , zum Service public und so zur ‚idée suisse‘ zurückkehrt und damit jenen Journalismus garantiert, der unabdingbar zur direkten Demokratie gehört.

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Philippe Mottaz

Indépendamment des bouleversements technologiques qui ont modifié les usages du public et qui ont eu un impact négatif sur les revenus publicitaires, un agionarmento assez radical de la SSR était dû depuis longtemps. Il a tardé. Il s’est opèré essentiellement à la marge. Les nombreux signes avant-coureurs d’une perte de crédibilité croissante du discours de  la SSR n’ont, sur plusieurs années, pas été suivis de changements. La SSR semble s’être perdue, incapable de raconter son histoire de manière convaincante. Peu introspective, structurellement peu apte à réagir, elle a refusé de se livrer à un exercice d’introspection pourtant nécessaire. Au lieu d’un « qui suis-je? », elle a choisi le « c’est ainsi! ». Excessive dans son radicalisme, populiste par essence, l’initative « No Billag » a précipité ce débat qui doit désormais se tenir sous la contrainte. Pour la SSR, c’est aussi, comme toujours en pareil cas, l’occasion d’agir.  Les cinq réformes proposées ici sont toutes réalisables dans le cadre du mandat acuel de la SSR.